Articles de vingtansapresweb

  • Intouchables

    Dimanche 6 octobre: rediffusion du film "Intouchables". Une bonne analyse de la relation complice qui se noue entre une personne handicapée et son aidant: l'humour et le second degré peuvent briser bien des tabous.

    Intouchables

  • Amitiés

    Le temps ne te fait pas perdre tes amis, il te fait comprendre qui sont les vrais.

    « Depuis six semaines, je n’osais pas t’écrire. A chaque fois que je vois ton mari, j’avais l’impression de le gêner en lui posant des questions sur ta santé. Je me sentais impuissante vis-à-vis de toi. Du coup, j’ai appelé ton père : tu ne peux pas savoir, cela m’a fait du bien de pouvoir discuter de toi avec lui. Il m’a dit que tu avais fait beaucoup de progrès. Cela m’a fait énormément plaisir. Je pense tout le temps à toi. Tes filles ont besoin de toi, je sais que tu vas y arriver, car tu es une battante. Il paraît que tu vas aller dans un centre de rééducation à Montpellier. Je n’attends que ça pour venir te voir et enfin t’aider.»

    « Ne sachant trop comment te dire la haine que je ressens envers le hasard qui t’as conduit là où tu es, et la peine qui en découle, je t’envoie des paroles que j’aurais aimé dire moi-même mais que d’autres ont dites ou écrites avant moi et, certainement beaucoup mieux, dans ce petit carnet. Je t’embrasse. »

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  • Amitiés

    Le temps ne te fait pas perdre tes amis, il te fait comprendre qui sont les vrais.

    « Depuis six semaines, je n’osais pas t’écrire. A chaque fois que je vois ton mari, j’avais l’impression de le gêner en lui posant des questions sur ta santé. Je me sentais impuissante vis-à-vis de toi. Du coup, j’ai appelé ton père : tu ne peux pas savoir, cela m’a fait du bien de pouvoir discuter de toi avec lui. Il m’a dit que tu avais fait beaucoup de progrès. Cela m’a fait énormément plaisir. Je pense tout le temps à toi. Tes filles ont besoin de toi, je sais que tu vas y arriver, car tu es une battante. Il paraît que tu vas aller dans un centre de rééducation à Montpellier. Je n’attends que ça pour venir te voir et enfin t’aider.»

    « Ne sachant trop comment te dire la haine que je ressens envers le hasard qui t’as conduit là où tu es, et la peine qui en découle, je t’envoie des paroles que j’aurais aimé dire moi-même mais que d’autres ont dites ou écrites avant moi et, certainement beaucoup mieux, dans ce petit carnet. Je t’embrasse. »

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  • Renaître par résilience

    Je me sentais comme une forêt dévastée après un incendie, dont la végétation repousse doucement. Comme toute renaissance, l’évolution serait longue et progressive.

    Ce concept, appliqué à l’humain, permettrait d’expliquer le processus de reconstruction qui s’opérait en moi.

    D’abord, c’était mettre des mots sur le traumatisme, l’accident, source de réactions émotives. Exprimer ma douleur par des pleurs était un moyen de délivrance. Je n’avais pourtant aucune colère, ni rejet de la situation.

    Ensuite, dans une perspective à long terme, c’était « assumer les faits, leur donner un sens et les intégrer dans mon histoire personnelle[i] ». Il s’agissait nullement de minimiser l’importance de l’événement ou de me « blinder » mais de devenir l’actrice de ma reconstruction en affrontant les épreuves.

    Pour activer ce pouvoir de résilience, Jean-François Marmion décrit les ressources mobilisables :

    • Les ressources internes : bonnes compétences intellectuelles, sociabilité, estime de soi, sentiment de sécurité, croyances solides, sens de l’humour,
    • Les ressources familiales : éducation correcte, bonne relation avec de bons parents, famille structurée,
    • Les ressources extrafamiliales : l’appui apporté par les adultes bienveillants, une aide sociale.

     Consciente de ma force, j’avais toutes les cartes en main pour métamorphoser la douleur et transformer mon destin.

    Resilience

     

    [i] MARMION Jean-François La résilience, mythes et réalité. N°194 juin 2008 Sciences humaines 

  • Un nouveau départ

     

    DEUXIEME PARTIE (extrait #7)

    « Connais-toi toi-même ». Thalès

    Mon arrivée au service de MPR était le signe d’un nouveau départ. Le décor était planté et j’étais prête pour la suite du tournage.

    Certes, il y avait toujours le mot Médecine mais les mots Physique, Réadaptation étaient synonymes d’une prise en charge différente axée sur la récupération, la rééducation par le mouvement pour être le plus autonome possible. C’est ce que Xavier Bouton appelle la « recapacitation fonctionnelle ».

    Un service de MPR a pour « vocation, de réduire l’écart entre ce que l’on peut faire en l’état actuel des choses et ce qui peut être atteint comme degré de complétude »[i] .

    Propara était LE centre spécialisé dans l’accueil des paraplégiques[1] et tétraplégiques et sa notoriété n’était plus à prouver. C’est dans une confiance totale que j’étais prête à réveiller ce corps blessé…

    Mon séjour fut déterminant pour mon avenir : il dura dix mois, durant lesquels je poursuivis mon parcours en travaillant progressivement, avec une équipe pluridisciplinaire.

    Comme un devoir vital qui s’impose le matin pour chacun d’entre nous quand on se lève.

    De nouveaux objectifs se mirent en place.

    Etre l’acteur de ma propre reconstruction pour l’acquisition d’un savoir-faire.

    M’approprier une nouvelle image avec un corps différent accompagné d’un fauteuil roulant.

    Transformer le patient tétraplégique en une personne à part entière avec une nouvelle identité.

    Comprendre le sens du devenir pour préparer ma sortie.

    Quel programme !

     

     

     

    [1] Paraplégie : paralysie plus ou moins complète des deux membres inférieurs.

     

    [i] BOUTON Xavier, Corps diminué et reconstruction collective, Editions PUG novembre 2008

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  • Boris CYRULNIK

    Rencontre #5
    Je ne peux pas écrire mon parcours sans évoquer la résilience et celui qui en parle le mieux, Boris Cyrulnik, que j'ai rencontré à Salon en 2017.

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  • Survivre, coupée du monde extérieur.

    Eloignée géographiquement des miens, je fus contrainte d’accepter mon isolement. Ma mère prenait quotidiennement des nouvelles par téléphone : « état stationnaire » lui répondait l’infirmière. Vivre à distance une telle épreuve était source d’angoisse, de souffrances : c’était être le spectateur passif d’un drame auquel on n’était pas préparé et impuissant sur les perspectives d’avenir.

    Je reçus malgré tout beaucoup de visites de la famille, très réglementées pour éviter la fatigue. Ma mère était très souvent accompagnée pour ne pas faire la route seule. Je me souvins de Marie-Thérèse, de Georgette, de Bruno, mon frère, de Christine, ma copine d’enfance. Ma belle-famille aussi avec Stéphanie, ma belle-sœur, à qui je réclamais du coca (il faudra attendre un peu pour siroter ce breuvage !), mon beau-père Paul. Dépossédée des références de la vie sociale, on me donnait le temps qu’il faisait dehors, on me donnait des nouvelles de la famille et surtout de mes filles.

    Du fin fond de mon lit, les mots réconfortants sur leur état soulageaient ma conscience de maman privée de ces liens maternels : une rupture affective lourde à supporter, une nouvelle vision de l’avenir floue remplie de doutes et une tristesse face à mon état végétatif.

    Très entourée et soutenue par mes amis, je me souvins de la photo que Sandrine (née un treize octobre, signe de notre indéfectible amitié) et Patrick, son mari,  m’apportèrent lors d’une visite : prise dans la cour du domaine où j’habitais, elle représentait un groupe de trente personnes tendant les bras à l’avant avec un large sourire. Toutes ces personnes avaient écrit une dédicace, pleine d’encouragements, de pensées positives. Je ne sais pas combien de temps j’ai tenu cette photo, regardant chaque visage, relisant chaque petit mot en pleurant. Ce fut un mélange à la fois de douleur et d’espoir, une source d’encouragement de savoir qu’à l’extérieur, beaucoup de personnes avaient été touchées par le drame.

     

    Il en fut de même pour les maîtresses d’école de mes filles qui avaient sensibilisé les élèves de leurs classes respectives à ce drame et je reçus des petits mots des enfants.

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  • Sciences Humaines

    Depuis des années, je suis abonnée à Sciences Humaines, magazine référence pour comprendre l'humain et la société à travers l'actualité des sciences humaines et sociales.

    C’est une source intarissable d’informations fiables, de documentations approfondies, d’auteurs éminents qui traitent de la sociologie, de la psychologie, des sciences sociales, etc…

    Il m’aide beaucoup dans la réflexion et l’analyse de mon parcours : ma bibliographie en témoigne !

    Index

  • We Are Patients

    We Are Patients est le média francophone qui donne la parole aux patients, ainsi qu’à leurs proches, engagés et mobilisés contre leurs maladies.
    En allant à la rencontre des patients leaders d’opinion, We Are Patients met en valeur des histoires fortes, touchantes et positives, tout en abordant des sujets liés aux maladies (cancer, diabète, la sclérose en plaques, épilepsie mais aussi des maladies rares et méconnues).
    Parce qu’à travers la parole, on peut informer pour mieux sensibiliser et aider, parce que mettre des mots sur ce qu’on ressent, c’est déjà un premier pas vers l’acceptation de la maladie et vers l’ouverture aux autres.

    Merci à eux pour la publication de mon interview visible sur le lien ci-dessous:
     

    https://wearepatients.com/handicap/tetraplegie-sylvie-20-ans-apres/

     

    Index

  • Corps diminués et reconstruction collective

    Un livre indispensable qui m'accompagnera pendant l'écriture de mon parcours !
    Comment vivre après l’accident ? Comment construire un projet de vie acceptable face à l’épreuve d’un corps devenu non autonome ?
    Ces dernières années, tant la production cinématographique (intouchables, Olivier Nakache et Éric Toledano, 2011) que littéraire (Patient de Grand Corps Malade, 2012, adapté au cinéma en 2017) ont mis en lumière l’expérience de personnes confrontées à la survenue d’une atteinte radicale de leur corps.
    L’ouvrage porte sur l’accompagnement de ces patients avec lesquels il faut chercher collectivement des réponses pour surmonter l’épreuve du handicap. Xavier Bouton s’appuie sur une série d’observations et d’entretiens menés auprès de patients, et montre le travail de « recapacitation » que les accidentés doivent mener pour y parvenir. Il explore ainsi le travail relationnel entre les patients, le personnel médical et les proches pour mener à bien ce processus de reconstruction.
    Face aux contraintes de l’incapacité physique, cette perspective montre l’importance de la parole partagée pour donner aux convalescents la force de trouver une nouvelle vie.

    merci Xavier BOUTON, l'auteur de cet ouvrage.

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  • Cette mystérieuse moelle épinière

    La  moelle épinière constitue le prolongement du cerveau de laboîte cranienne, à partir du bulbe rachidien et ce tout le long de la colonne vertébrale dans laquelle elle est contenue. Son rôle est de distribuer les nerfs entre le cerveau et les différentes parties du corps.

    Elle est impliquée dans les réflexes, par exemple lorsque l'on retire sa main d'une plaque de cuisson brûlante, directement, sans passage de l'information nerveuse au cerveau.

    La moelle épinière est un cordon blanc de 1 centimètre de diamètre et de 50 centimètres de longueur. Les nerfs rachidiens, qui sont directement reliés à la moelle épinière, sont au nombre de 31 paires (7 cervicales, 12 dorsales, 5 lombaires, 5 sacrées et 2 coccyx), chaque nerf présentant deux racines : motrice et sensitive.

    Lorsque ce cordon est abîmé, rétréci ou carrément sectionné comme chez moi, le courant ne passe plus et par conséquent, les nerfs situés en dessous de la lésion médullaire ne peuvent plus exercer leur fonction motrice, ni sensitive.

    Moi, l’interruption se situait en C6C7 avec fracture et luxation des cervicales : une lésion médullaire[1] irréversible. Il a fallu consolider l’ensemble par une plaque (arthrodèse) située sur le devant  de ma gorge. Cet appareillage n’était absolument pas douloureux, je l’ai encore à l’heure actuelle.

    Premièrement, la tétraplégie[2] complète entraîne une impossibilité de commander les muscles situés sous la poitrine : du diaphragme, en passant par les abdos jusqu’au muscles des jambes.

    J’avais beau regarder ma jambe,  l’unité centrale qu’est mon cerveau avait beau lui ordonner de se lever, le fil coupé empêchait toute commande et le réseau était interrompu. Pas de Wi-Fi, ça m’aurait bien arrangée !

    J’ai appris avec le temps que, sans abdos, la station assise est précaire, chancelante parfois (me rapprochant sensiblement du culbuto) et que ma jambe ne bougera que si je la prends et que je la place manuellement, comme on déplace une bûche de bois (et, quand on connaît le poids d'une souche morte).

    En C6 C7, les muscles des bras fonctionnent correctement, sauf les triceps qui sont plus faibles et les doigts qui ne bougent pas.

    Deuxièmement, c’est l’insensibilité, qui est source de vigilance : être assise longtemps sur une surface dure peut entraîner à la longue une compression des chairs et un manque d’irrigation vasculaire et provoquer une escarre[1]. Tous les points d’appui sont concernés, en particulier, les fesses sur lesquelles je suis en permanence assise, il y a aussi, les talons concernés par l’appui des chaussures.

    Bref, quand on sait qu’une escarre peut arriver en quelques heures, c’est un peu la bête noire des personnes tétraplégiques et paraplégiques qui multiplient la surveillance et la prévention.

    Cette parenthèse anatomique est indispensable pour comprendre le fonctionnement d’une tétraplégie complète et ses conséquences physiques.

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    [1] Escarre : lésion cutanée liée à une compression des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses du corps du patient.

     

    [1] Médullaire (blessure) : atteinte lésionnelle de la moelle épinière avec paralysie totale ou partielle des membres et du tronc.

    [2] Tétraplégie : paralysie des quatre membres causée généralement par une lésion de la moelle épinière. Elle est dite « complète » lorsqu’il y a une absence totale de sensibilité et de mobilité des régions innervées sous la lésion.

  • Laurence FISCHER

    C’est lors de son passage à Salon pour une conférence, organisée par le ZONTA Club Salon de Provence Catherine de Médicis, sur le thème de la reconstruction après un traumatisme dû à des violences sexuelles sur les femmes que j’ai écouté Laurence Fischer.

    Ancienne athlète de haut niveau en karaté et plusieurs fois médaillée mondiale, elle met à présent ses compétences sportives au service de femmes  physiquement et psychologiquement détruites à la suite d’un viol ou d’agressions sexuelles en créant la reprise de confiance, en appréhendant  leur corps meurtri  par de l’écoute, des gestes adaptés et ainsi leur permettre, comme par résilience, de retrouver une certaine dignité et une vie de femme.

    Ces parcours douloureux et traumatisants ont quelques points communs avec celui d’une femme brisée dans son destin par un accident, dont le corps n’est plus le même et la confiance parfois perdue : ils ont fait résonnance en moi.

    Reconquérir une image de soi différente pour se sentir belle, combattre les préjugés et affirmer sa personnalité, autant de défis à relever après un trauma, quel qu’il soit.

    Merci à Laurence Fischer pour son engagement dans sa fondation FIGHT FOR DIGNITY, pour  le partage de son formidable travail et des outils de réflexion abordés ce samedi 13 avril 2019 à Salon.

     

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  • En réanimation...

    lPoumons respiration’état d’esprit était centré sur le moment présent. Je vécus chaque instant comme une survie. Cette épreuve singulière et solitaire fut pour moi le souvenir de souffrances physiques principalement liées à la ventilation.

    Se soumettre à la dépendance.

    Il me fallut trouver l’air, mon oxygène, pour respirer car les poumons semblaient trop encombrés pour assumer leur fonction : l’intubation était indispensable pour pallier à l’urgence vitale et j’ai du accepter ce tuyau encombrant ma bouche mais tellement nécessaire pour vivre.

    L’appareillage, qui m’entourait, était constitué de machines rythmant la respiration et donnait en permanence des indications sur mon état de santé : le personnel en alerte pouvait ainsi intervenir rapidement en cas de défaillance. Je me sentais comme dépossédée de mon corps que j’abandonnais aux équipes soignantes et aux machines. Tout se passa comme si je m’étais retrouvée expropriée de moi-même pour n’être qu’un sujet médicalement assisté et dépendant d’autrui.

    Ce n’est que le 4 novembre que l’on me posa une trachéotomie[1].  Directement placée à la base du cou et reliée à la trachée, elle visait principalement à favoriser ma ventilation et pouvoir désencombrer mes poumons. Elle permit aussi d’aspirer régulièrement les sécrétions pulmonaires entravant la respiration et donc la distribution de l’air. On instaura des postures sur le côté pour désencombrer le poumon gauche. Mais malgré cela, lorsque l’air devint difficile à capter, lorsque la sensation d’étouffement était là, je sonnai pour que le personnel vienne aspirer ces sécrétions à travers la trachéotomie avec de longues sondes.

    C’était très fréquent et je n’ai jamais autant ressenti ce sentiment de survie qu’à ces moments là. Tous les matins, c’était le même rituel : une simple prise de sang indiquait le taux de saturation[2]. Cette vérification était importante car elle indiquait, chaque jour, au personnel soignant l’amélioration de mon état pulmonaire.

     Pour me nourrir, pas question d’avoir une alimentation normale, plutôt une sonde gastrique, directement reliée à l’estomac. C’est encore une dépendance de plus qui m’imposait le lâcher prise. Je n’avais ni colère, ni révolte, ni déni, j’acceptais les soins et les aides techniques naturellement. Pouvait-il en être autrement ?

     

    [1] Trachéotomie : incision chirurgicale de la trachée haute sous le larynx destinée à rétablir le passage de l’air par intubation.

    [2] Saturation : désigne le taux d’oxygène contenu dans les globules rouges après le passage dans les poumons.

  • Peut-on parler d'une divine rencontre?

    C'est sans doute là que j'ai puisé aussi ma force.Deogratias tif

  • Destins croisés

    A58898d95eeb4c1415a4e2c3fd8df849C’est aussi en 1997 que la Princesse Diana nous a quittés le 31 août et que Mère Térésa la rejoignit le 5 septembre. Deux femmes honorables dont j’ai admiré le parcours autant dans leur dévotion et leur bienveillance que par la modestie dont elles faisaient preuve. Ces disparues ont apporté beaucoup d’humanité dans leurs actions et ont marqué leur temps. C’est en leur rendant hommage que je réalise que le plus important est de savoir donner et partager.

  • « Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s'y attend pas ». Tahar Ben Jelloun.

    PREMIERE PARTIE (extrait)

    La départementale reliant Vesoul à Besançon était tranquille, sans grande circulation et nous avancions à une allure sereine, contents de rejoindre notre maison. Une voiture nous suivait. Nous venions de passer une petite côte et en amorçant la descente, loin devant nous, surgit une voiture blanche d’un chemin communal pour s’engager sur la route non pas sur la voie de gauche mais sur notre voie. Le soir tombait et dans la pénombre, cette masse blanche à l’horizon semblait se rapprocher, je criai « attention ! » et, par réflexe, mon mari, pour éviter la collision, donna un coup de volant sur la gauche. Cette manœuvre un peu brusque entraîna la voiture dans une toupie pour finir sa course dans le bas côté de la route.

    La voiture s’immobilisa net dans le fossé : nous n’avions heurté aucun obstacle, ni touché la voiture blanche et nos étions tous les cinq assis sans réelles blessures.

    Mon mari sortit de voiture, fit descendre mes trois filles apparemment indemnes et vint m’ouvrir la portière passager. « Comment vont les filles ? » lui demandai-je. « Elles vont bien, ne t’inquiète pas », me dit-il.

    Là, d’un seul coup, mon corps se figea, comme cloué au siège et je ne pus descendre de voiture : mes jambes semblaient ne pas répondre à mes ordres, ma tête était consciente mais mon corps était là inerte. Devant la situation, mon mari, d’abord préoccupé de mettre mes filles en sécurité, se mit en quête d’aide pour appeler les pompiers. Je sentais une agitation et des lumières autour pressentant que d’autres automobilistes s’étaient arrêtés pour apporter leur secours. Un monsieur, qui se présenta comme étant médecin, ouvrit la portière et s’approcha de moi. Je lui décrivis l’insensibilité de mes jambes et de mes bras et, naturellement, il me soutint la nuque en soulevant le menton : je lui posais sans cesse la même question : « je suis paralysée, je suis paralysée ?? ». « Chut, ne parlez pas, restez calme ! » me dit-il d’une voix rassurante. Mais, au fond de moi, j’étais persuadée de ma paralysie, que ces jambes qui ne bougeaient pas étaient bien le signe d’un destin irréversible. Le froid m’envahissait, on m’apporta une couverture de survie. Je regardais la nuit dans l’attente des pompiers, consciente du drame que je subissais. Dans un silence pesant, l’attente fut longue, presque interminable….

    C’était le 13 octobre 1997.8461312 imgs 1653

  • Le récit de vie

    Chaque parcours de vie d'une personne est synthèse de multiples déterminations, d'interactions et des actions de la personne elle-même. Aussi chaque récit d'un parcours de vie contient-il, sous forme narrative, des informations et des significations sur des niveaux très divers de réalité. Comment le sociologue doit-il s'y prendre pour recueillir des récits de vie - et auprès de quelles personnes - afin que chacun contribue à la compréhension de l'objet étudié ? Comment construire cet objet sociologiquement, comment développer l'enquête et la mener à bien, comment y insérer des moments d'observation directe des interactions ? Comment recomposer peu à peu par l'analyse un modèle réaliste de l'objet d'étude, un modèle qui en donne une description analytique et dynamique la plus riche et la plus fidèle possible ? C'est à ces nombreuses questions que répond l'ouvrage qui m'a 41trpom8 0l sx358 bo1 204 203 200servi de base de travail.

  • Comment vais-je m'y prendre?

    C’est à travers l’expression de mon vécu, que je montrerai l’évolution de mon existence et le processus de mobilisation nécessaire pour devenir ce que je suis en 2019.
    Il m’a paru important, pour cela, de respecter la structure diachronique de l’histoire, c'est-à-dire l’ordre des différentes étapes parcourues, se succédant parfois par des effets de cause à effet.
    C’est ainsi que mon parcours, résultant d’une série d’actions, a été tracé me permettant, aujourd’hui, d’en analyser la trajectoire et les enchaînements.
    Je parlerai aussi dans mon récit des trois éléments d’état : l’état de ma personnalité (mes forces vives, mon état psychologique), l’état de mon réseau (mes relations proches et les rencontres) et l’état de ma situation sociale qui définit mon statut dans la société.
    Tout au long de mon parcours, les événements ont modifié l’un au moins de mes états et réciproquement, la modification de l’un de ses états a constitué un événement.
    Existe-t-il pourtant une logique dans ce parcours ? Des points communs avec d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires ? Surement, mon objectif était d’en apporter les réponses mais, chaque être est unique et beaucoup de facteurs déterminent la trajectoire de notre vie : je n’aurais pas la prétention de servir de modèle mais, au-delà de ça, je peux affirmer que l’expérience vécue peut apporter des preuves, aider à construire des hypothèses et à en dégager certains concepts que l’on dit parfois récurrents.
    C’est dans ce sens que mon histoire peut générer des connaissances socio objectives sur la reconstruction d’une personne handicapée à la suite d’un drame de la vie.


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  • Muriel LARROUY

    Ma directrice de mémoire a été un pilier indispensable en 2014 dans la construction de mon mémoire de DHEPS. Comme pour un chantier, j’avais la matière première (les briques, le ciment), j’avais le savoir faire acquis pendant les cours du collège coopératif d’Aix mais, voilà, il me manquait le regard averti d’un chef de travaux pour superviser l’ensemble.
    Muriel LARROUY, docteure en sociologie, est l’auteur d’un livre « L’invention de l’accessibilité » : je ne pouvais pas trouver une personne plus aiguisée dans ce domaine puisque l’objet de mon étude portait sur « la gouvernance de la ville de Salon dans la politique d’accessibilité ».
    Elle accepta d’être ma directrice de mémoire et malgré l’éloignement géographique, nous avons pu - beaucoup par mail, beaucoup au téléphone - échanger et avancer ensemble dans l’élaboration des fondations, base solide et stable du mémoire, la pose des murs pour structurer l’édifice, l’installation du toit pour se couvrir de tout aléa. Les décorations intérieures ont fait l’objet d’attention particulière pour finaliser l’écrit et corriger chaque tournure de phrases.
    Après presque un an de travail, sa présence le jour de ma soutenance le 21 septembre 2015 m’a beaucoup rassurée, confortée et mise en confiance.
    Nous sommes restées en contact et, lorsque je l’ai informée en 2018 de mon envie d’écrire mon livre, elle n’a pas été surprise : « ça ne m’étonne pas de toi ! » et m’a encouragée dans ce nouveau défi.
    J’utiliserais la boîte à outils d’analyse sociologique que Muriel m’a transmise et je construirais, sous son regard bienveillant et ses conseils pertinents, l’Memoire dhepsoeuvre de ma vie.Invention accessibilite 4547

     

  • Un travail de mémoire (extrait de ma préface)

    J’ai, de manière sincère et authentique, retracé chaque instant du parcours.

    Les événements font partie de mon passé et constituent mon identité.
    Quant à la mémoire des faits, des événements, on pourrait penser qu’elle peut, à certains moments, faire défaut mais les souvenirs, lorsqu’ils sont chargés d’émotion, restent bien souvent gravés et je n’ai pas rencontré de difficulté à les retrouver et à vous les livrer.
     Et, par souci d’authenticité et pour coller à la vérité, j’ai régulièrement consulté le carnet de bord tenu par ma maman avec des dates bien précises pour retrouver un événement marquant…
    …Ce souvenir des faits, des personnes m’a obligée à revivre des émotions, à les éprouver une seconde fois mais, de manière différente qu’à l’instant T. Les revivre avec ce recul me permet de mesurer la métamorphose d’un drame de la vie en une victoire sur la vie et à travers le récit, de donner au lecteur, le plaisir d’en suivre le cheminement et d’en découvrir l’issue…

    La peur laisse des traces sur notre memoire