Etre reconnue comme victime : entre expertises et jugements au tribunal.

Il a fallu une période de presque trois ans, de 1998 à 2001, afin que la justice rende ses jugements concernant les préjudices subis lors de l’accident.

Les différents jugements rendus n’avaient qu’un seul objectif : évaluer précisément le montant de l’indemnisation financière.

Selon Catherine Audard, philosophe qui s’est intéressée aux personnes handicapées et à la justice : « Indemniser une personne handicapée  ne changera rien à sa situation. Ce dont il a besoin, c’est de pouvoir convertir les biens et les ressources en possibilité d’agir et de réduire son handicap  comme par exemple, améliorer l’accessibilité, acheter un fauteuil roulant onéreux ou employer du personnel[1]. »

Pour « chiffrer » le montant du capital correspondant à mon handicap, j’ai subi trois expertises médicales - en octobre 1998 à Propara et deux à mon domicile, en mai et en octobre 1999 -, ces moments difficiles étaient indispensables pour apporter au dossier les preuves de ce que je ne pouvais plus faire et les contraintes liées au handicap.

J’ai été épargnée des audiences au tribunal puisque mon avocat me représentait. Sur trois ans, quatre jugements ont été prononcés, chaque jugement rendu a donné lieu à une expertise, contestée par l’assurance adverse ou par mon avocat. Le dernier jugement, rendu le 10 novembre 2000, aura clos le dossier et statué définitivement les préjudices  subis.

 

 

[1] Catherine AUDARD, op.cit., p 58.

Quatorze prevenus libres apres une erreur de la justice