La cage à poulies

De 14 heures à 15 heures, je ne pouvais échapper à la traditionnelle séance de musculation : le petit groupe de patients dont Nicolas avait la charge, se retrouvait dans la salle des cages à poulies, les « cages à poules », comme on les surnommait.

C’était, en quelque sorte, un encadrement en métal fermé sur 3 faces auquel on accrochait des poulies reliées à des fils soutenant à leurs extrémités des sacs de sable représentant des valeurs de poids différentes. Le travail consistait, à l’aide de poignées, à tirer sur ces fils pour exercer une traction du muscle. Je commençais avec 100 grammes pour habituer les triceps, biceps, pectoraux, dorsaux,.., enfin tous les muscles  dont je pouvais me servir et qui, à toutes fins utiles, devaient être ceux qui me conduiraient à garder mon autonomie. Soulever ces poids par série de dix en alternant les positions et les gestes devenait une habitude et petit à petit, de façon progressive, Nicolas me rajoutait du poids en fonction de ma capacité à résister à l’effort. Je me sentais l’âme d’une sportive en pleine préparation physique, comptant inlassablement mes séries pendant une heure.

C’était, dans une ambiance de liesse collective mais aussi de travail assidu et régulier que chacun avançait à son rythme. Egoïstement, je me préoccupais de ma récupération.

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