Mon engagement social.

Lorsque Philippe D., le président en poste, termina son mandat en 2009, je me proposai en tant que présidente et dans la continuité de mes prédécesseurs, j’ai mené avec une équipe de bénévoles, pendant huit ans, la gouvernance de la Vaillante, avec modernité et dynamisme.

J’adhérais totalement aux statuts de l’association créée en 1984 par Roger SYLVESTRE, qui avait définit l’objectif suivant dans l’article 2 des statuts :

Vaincre l’isolement des personnes handicapées par la pratique d’un sport en loisir ou en compétition.

Il était le précurseur bien avant la loi de 2005 de l’inclusion par le sport.

J’y retrouvais également des personnes handicapées et valides. Cette grande famille, qui regroupait tous les handicaps, (moteur, visuel, auditif, mental et psychique) était un soutien et représentait un moteur pour tous. Elle contribuait à donner l’image d’un club sportif dynamique et notre notoriété, auprès de tous les salonais, était reconnue.

Un nouveau réseau amical était né, il dépassait le cadre « officiel » car une véritable solidarité s’était installée entre nous avec de l’entraide, du covoiturage, des sorties au restaurant.

Ces dix-neuf années passées à La Vaillante ont été un tremplin social, m’ouvrant d’autres opportunités. Bien que je n’étais que bénévole, comme l’explique Stéphane VERMEERSCH, « j’y puisais un statut quasi professionnel, un prestige, au moins local, non négligeable et un nombre de relations amicales. Mon identité s’est totalement réorganisée autour de mon identité associative[1]. » Pour ces raisons, j’étais prête à m’investir dans d’autres instances complémentaires liées au handicap ou au sport.

Reconstruire une vie sociale après l’accident relevait d’un processus de résilience : cette rencontre fondatrice avec le club de La Vaillante a été un levier, un « tuteur de résilience ». Elle m’a permis de changer le regard des autres : je n’étais plus inactive et dépendante de la société, je m’investissais bénévolement dans une association et j’apportais quelque chose. J’ai pu m’épanouir personnellement, tisser des liens sociaux,  valoriser mon estime de soi et finalement, m’engager sans les contraintes d’un travail salarié.

 

 

[1] Stéphanie VERMEERSCH, Entre individualisation et participation : l’engagement associatif bénévole, Revue française de sociologie 2004 p 20.

2001 vaillante