Rééducation

Le « travail » du patient au service de MPR[1] de Propara était beaucoup actif que celui dont j’étais investie en réanimation. « Plutôt qu’une relation thérapeutique verticale ou descendante (un professionnel qui éduque un patient), il s’agit, au contraire, de penser cette rencontre comme une dynamique d’échanges, plus proche d’ailleurs de la coopération que de l’enseignement[i] ».

Je ne percevais la rééducation avec la pression du contrôle ou de l’évaluation mais bien comme un accompagnement.

Le personnel soignant, formé à ce concept de soin, était en capacité de mieux comprendre le patient, confronté à une problématique, de changer son regard sur le « travail » effectué, de suivre l’avancée des acquisitions et ainsi partager les informations avec l’ensemble de l’équipe et enfin, promouvoir une démarche de développement des compétences[2] du patient.

Le temps de présence en MPR était calculé en fonction du handicap, c'est-à-dire de l’atteinte médullaire, de la progression de récupération et des acquisitions.

Pour une personne tétraplégique, il fallait compter environ dix mois alors qu’une personne paraplégique pouvait rester entre six et huit mois. Le handicap entraînait parfois des complications : problèmes pulmonaires, infections urinaires, escarres qui pouvaient ralentir la rééducation.

 

 

[1] MPR : Médecine Physique et de Réadaptation

[2] Compétence du patient : mobilisation des ressources, des capacités et des connaissances pour agir dans la situation dans laquelle il se trouve.

 

[i] THIEVENAZ Joris L’analyse des activités du patient : une occasion de réinterroger la notion de travail Les cahiers du CERFEE 2017

Copains