Militer en politique.

Cette dernière étape, la plus récente, concerne mon implication dans la politique locale lors des élections municipales 2020.

Forte de mon expérience de terrain et de ma « notoriété » locale, j’ai été appelée en septembre 2019 à rejoindre un groupe d’opposition appelé « Osons Salon » avec lequel j’ai défendu, pendant cette campagne, les intérêts des personnes handicapées, la politique d’accessibilité de la ville en proposant des solutions innovantes. En effet, comme le montre Stéphanie Veermersch[1] dans son article, tout engagement militant suppose une éthique basée sur le pouvoir d’agir sur l’action publique.

Cette reconnaissance soudaine de mes capacités à changer le monde me propulsa aux devants de la scène, m’exposant à mes contradicteurs et aux joutes électorales.

Se faire une place dans ce milieu n’était pas facile : il fallait convaincre les citoyens du programme établi par notre groupe, se confronter aux listes adverses et prouver notre légitimité.

Ce nouveau rôle de militante m’obligea à prendre du recul, ne pas me sentir agressée par des propos et à affirmer objectivement l’importance d’une politique volontariste basée sur deux fondements essentiels : l’humanisme ou l’universalité, en proposant des idées pour une ville inclusive sans discrimination, et la citoyenneté, en favorisant la participation sociale, la démocratie participative et le travail de proximité.

Cette noble cause n’était pas gagnée d’avance car, malgré la loi de 2005, quinze après, les avancées restent timides voire inexistantes dans certaines communes.

Salon de Provence est une ville accueillante, riche en potentiel, qui a connu entre 2008 et 2014 avec la précédente municipalité une véritable mise en conformité des lieux publics, de la voirie et des transports et une prise en compte du handicap.

J’ai constaté que, depuis le mandat actuel, celui de 2014 à 2020, un « laisser aller » dérivait vers des négligences, des incohérences.

Mon engagement, dans cette campagne, visait donc à rétablir une ligne de conduite permettant une véritable inclusion et un vivre ensemble.

Je l’ai considéré comme une forme d’aboutissement d’un statut social : après sept mois de campagne, en mars 2020, j’étais 8ème sur la liste des 43 colistiers, je passais de l’usager au décideur et je devenais LA représentante d’une minorité. Malgré tout notre investissement, dimanche 15 mars 2020 lors du premier tour des élections, les résultats annonçaient la reconduite du mandat du maire sortant, élu à 70 % des suffrages.

Au-delà de la déception, cette expérience m’a surtout appris que l’implication politique locale du citoyen est essentielle pour défendre l’utilité sociale et la démocratie participative.   

 

 

 

[1] Stéphanie VERMEERSCH, op.cit., p 9.

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